Cours complet de UE2 — Droit des sociétés pour le DCG. Révise efficacement avec StudentAI.
DCG — UE2 Droit des sociétés | Niveau L3
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Le droit des sociétés français offre une palette étendue de formes juridiques permettant aux entrepreneurs d'adapter la structure de leur entreprise à leurs besoins économiques, fiscaux et organisationnels. Au-delà des formes commerciales classiques (SARL, SA), le référentiel DCG UE2 impose la maîtrise des formes sociétaires dites « autres » : sociétés civiles, sociétés coopératives, sociétés d'exercice libéral (SEL), sociétés en nom collectif (SNC), sociétés en commandite, groupements d'intérêt économique (GIE) et entreprises unipersonnelles.
Chaque forme répond à une logique juridique précise, articulée autour de trois axes fondamentaux : le régime de responsabilité des associés, le régime fiscal applicable et le degré de liberté statutaire. La maîtrise de ces distinctions est indispensable à l'examen.
> Textes fondamentaux : Code civil, art. 1832 à 1844-17 (droit commun des sociétés) ; Code de commerce, Livre II (sociétés commerciales) ; Loi n°66-537 du 24 juillet 1966 codifiée ; Loi n°90-1258 du 31 décembre 1990 (SEL).
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La société civile est définie par l'article 1845 du Code civil : elle désigne toute société dont l'objet n'est pas commercial. Elle est soumise au régime général des articles 1832 et suivants du Code civil, complété par les articles 1845 à 1870-1 qui lui sont spécifiquement applicables.
Son objet est nécessairement civil : activités libérales, gestion immobilière, activités agricoles (avant la forme spéciale de GAEC), activités artistiques.
| Critère | Règle applicable |
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| Nombre d'associés | Minimum 2, pas de maximum légal (art. 1832 C. civ.) |
| Responsabilité | Indéfinie et conjointe (non solidaire) — art. 1857 C. civ. |
| Capital social | Libre, aucun minimum légal |
| Personnalité morale | Acquise à l'immatriculation au RCS (art. 1842 C. civ.) |
| Gérance | Assurée par un ou plusieurs gérants, associés ou non |
| Cession de parts | Soumise à agrément (art. 1861 C. civ.) |
Par principe, les sociétés civiles sont translucides fiscalement : les résultats sont imposés directement entre les mains des associés à l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie correspondant à leur activité (revenus fonciers pour une SCI, BNC pour une société civile professionnelle). Une option pour l'IS est possible dans certains cas (art. 206-3 du CGI).
La SCI (Société Civile Immobilière)
Forme la plus répandue en pratique, elle permet l'acquisition, la gestion et la transmission d'un patrimoine immobilier à plusieurs. Elle est particulièrement utilisée dans les stratégies de transmission familiale car les parts sociales peuvent être données progressivement en démembrement.
La SCP (Société Civile Professionnelle)
Régie par la loi n°66-879 du 29 novembre 1966, elle permet à des membres de professions libérales réglementées (avocats, notaires, médecins, experts-comptables) d'exercer en commun leur activité. Chaque associé reste personnellement et indéfiniment responsable de ses actes professionnels.
La SCEA (Société Civile d'Exploitation Agricole)
Permet l'exploitation agricole à plusieurs sans être soumise au régime du GAEC.
Trois architectes souhaitent acheter ensemble des locaux professionnels d'une valeur de 450 000 €. Ils constituent une SCI à laquelle ils font chacun un apport de 150 000 €. La SCI acquiert le bien et le loue aux architectes. Les loyers perçus constituent des revenus fonciers imposés dans les mains de chaque associé. En cas de décès d'un associé, ses parts sont transmises à ses héritiers, évitant ainsi l'indivision sur le bien immobilier lui-même.
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La SNC est définie par l'article L221-1 du Code de commerce : « Les associés en nom collectif ont tous la qualité de commerçant et répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales. »
C'est une société de personnes par excellence : l'intuitu personae y est prépondérant, ce qui justifie le régime de responsabilité très exigeant imposé aux associés.
| Critère | Règle applicable |
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| Nombre d'associés | Minimum 2, pas de maximum légal (art. L221-1 C. com.) |
| Qualité des associés | Tous commerçants (art. L221-1 C. com.) |
| Responsabilité | Indéfinie et solidaire (art. L221-1 C. com.) |
| Capital social | Libre, aucun minimum légal |
| Gérance | Tous les associés sont gérants, sauf clause contraire (art. L221-3 C. com.) |
| Cession de parts | Requiert le consentement unanime des associés (art. L221-13 C. com.) |
| Régime fiscal | IR par défaut (transparence) ; option IS possible |
Avantages : Souplesse statutaire, pas de capital minimum, régime fiscal avantageux à l'IR permettant l'imputation des déficits sur le revenu global des associés, forte cohésion entre associés.
Inconvénients : Responsabilité illimitée et solidaire très dissuasive, tous les associés doivent avoir la qualité de commerçant, cession de parts très encadrée rendant la sortie difficile.
Deux frères, Antoine et Marc, créent une SNC pour exploiter un commerce de boulangerie artisanale. L'un apporte le savoir-faire, l'autre le local. En cas de dettes impayées auprès d'un fournisseur, celui-ci peut réclamer la totalité de sa créance à Antoine seul, qui se retournera ensuite contre Marc pour sa quote-part. Cette solidarité constitue une garantie forte pour les créanciers mais un risque majeur pour les associés.
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Les sociétés en commandite reposent sur la dualité des associés : des commandités (responsables illimités et solidairement) et des commanditaires (responsabilité limitée à leurs apports). Ce mécanisme permet d'associer des apporteurs de capitaux sans les exposer au-delà de leur mise.
Régie par les articles L222-1 à L222-12 du Code de commerce.
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S'inscrire gratuitementUne société civile est une forme juridique destinée à des activités civiles, comme l'immobilier ou les professions libérales, où les associés ont une responsabilité illimitée.
La SAS offre plus de flexibilité dans l'organisation et la répartition des pouvoirs, tandis que la SARL a des règles plus strictes concernant la gestion et la prise de décision.
Une société coopérative repose sur le principe de solidarité, où chaque membre participe à la gestion et partage les bénéfices de manière démocratique, généralement sur la base d'un homme, une voix.
La SEL permet aux professions libérales de bénéficier d'une protection du patrimoine personnel et de faciliter la transmission de l'entreprise tout en respectant les règles spécifiques de leur profession.
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