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La SAS et la SASU

Cours complet de UE2 — Droit des sociétés pour le DCG. Révise efficacement avec StudentAI.

Points clés à retenir

  • 1Définition et caractéristiques de la SAS et SASU
  • 2Capital social et responsabilité des associés
  • 3Fonctionnement interne et direction
  • 4Avantages et inconvénients des SAS et SASU
  • 5Fiscalité applicable aux SAS et SASU
  • 6Exemples concrets de SAS et SASU

La SAS et la SASU

Introduction

La Société par Actions Simplifiée (SAS) et sa variante unipersonnelle, la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU), constituent aujourd'hui l'une des formes juridiques les plus utilisées en France pour la création d'entreprise. Leur succès repose sur une liberté contractuelle étendue, un régime de responsabilité limitée et une grande souplesse organisationnelle.

Ces deux structures sont régies principalement par les articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce, complétés par les dispositions applicables aux sociétés anonymes (SA) dans la mesure où elles ne sont pas incompatibles. La SAS a été introduite en droit français par la loi du 3 janvier 1994, puis largement ouverte aux PME par la loi du 12 juillet 1999.

> Distinction fondamentale : La SAS regroupe au moins deux associés (personnes physiques ou morales), tandis que la SASU ne comporte qu'un seul associé. La SASU est régie par les mêmes textes que la SAS, avec les adaptations propres à l'associé unique (art. L227-1 al. 2 C. com.).

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1. Constitution de la SAS et de la SASU

1.1 Conditions de fond

#### Les associés

  • SAS : minimum 2 associés, sans plafond légal (art. L227-1 C. com.). Les associés peuvent être des personnes physiques ou morales, françaises ou étrangères.

  • SASU : 1 associé unique, personne physique ou morale (art. L227-1 al. 2 C. com.).


> Contrairement à la SA (minimum 2 actionnaires selon art. L225-1 C. com.), la SAS n'impose aucun maximum d'associés et se révèle plus accessible que la SA qui nécessite un capital minimum de 37 000 €.

#### Le capital social

Le capital social est librement fixé par les statuts, sans minimum légal depuis la loi du 1er août 2003 (dite « loi pour l'initiative économique »). Il peut donc être fixé à 1 euro symbolique.








Forme juridiqueCapital minimumNombre d'associés
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SASLibre (≥ 1 €)≥ 2
SASULibre (≥ 1 €)1
SARLLibre (≥ 1 €)1 à 100
SA37 000 €≥ 2 (art. L225-1)
SNCLibre≥ 2

Le capital est divisé en actions (et non en parts sociales comme dans la SARL). Les statuts peuvent prévoir des actions de préférence avec ou sans droit de vote, des droits financiers spécifiques, etc. (art. L228-11 C. com.).

#### Les apports

  • Apports en numéraire : les actions souscrites en numéraire doivent être libérées d'au moins la moitié de leur valeur nominale lors de la constitution, le solde devant être libéré dans les 5 ans suivant l'immatriculation (art. L225-3 applicable par renvoi).

  • Apports en nature : ils doivent faire l'objet d'une évaluation par un commissaire aux apports désigné à l'unanimité des associés ou par le président du tribunal de commerce, sauf si aucun apport en nature n'excède 30 000 € et si la valeur totale des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital (art. L227-1 al. 5 C. com.).

  • Apports en industrie : admis dans la SAS (art. L227-1 C. com.), contrairement à la SA. Ils ne concourent pas à la formation du capital mais ouvrent droit à des actions incessibles.


1.2 Conditions de forme

#### Les statuts

Les statuts doivent obligatoirement être établis par acte sous seing privé ou notarié. Ils constituent la charte fondamentale de la société et doivent mentionner (art. L210-2 C. com.) :

  • La forme sociale (SAS ou SASU)

  • La dénomination sociale

  • Le siège social

  • L'objet social

  • Le montant du capital

  • La durée (max. 99 ans)

  • Les modalités de fonctionnement


#### Les formalités de constitution

1. Rédaction et signature des statuts
2. Dépôt des fonds en numéraire sur un compte bloqué (banque, notaire ou Caisse des dépôts)
3. Publication d'un avis de constitution dans un Journal d'Annonces Légales (JAL)
4. Dépôt du dossier au Guichet unique (depuis janvier 2023, remplaçant le CFE)
5. Immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) — la personnalité morale naît à cette date

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2. La liberté statutaire : principe cardinal de la SAS

La SAS se distingue de toutes les autres formes sociales par l'étendue de la liberté contractuelle accordée aux associés. L'article L227-1 C. com. dispose que les associés peuvent organiser librement le fonctionnement de la société dans leurs statuts, sous réserve des dispositions expressément applicables.

2.1 Les clauses librement aménageables

Les statuts peuvent notamment prévoir :








ClausesContenu possible
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Clause d'agrément (art. L227-14)Soumettre toute cession d'actions à l'agrément préalable des associés ou d'un organe désigné
Clause d'inaliénabilité (art. L227-13)Interdire la cession d'actions pendant une durée maximale de 10 ans
Clause d'exclusion (art. L227-16)Permettre d'exclure un associé sous certaines conditions définies dans les statuts
Droit de préemptionObliger l'associé cédant à proposer ses actions en priorité aux autres associés
Clause d'anti-dilutionProtéger les associés contre la dilution de leur participation en cas d'augmentation de capital

> ⚠️ Cette liberté a des limites : certaines règles sont impératives. Par exemple, l'article L227-9 C. com. impose que certaines décisions appartiennent collectivement aux associés (augmentation ou réduction de capital, fusion, dissolution, transformation, approbation des comptes si commissaire aux comptes présent).

2.2 Les décisions collectives

Contrairement à la SARL, les modalités de consultation des associés sont librement fixées par les statuts : assemblée générale, consultation écrite, acte unanime, visioconférence, etc. (art. L227-9 C. com.).

Seules quelques décisions restent imperativement collectives :

  • Approbation des comptes annuels (si un CAC est nommé)

  • Augmentation, réduction ou amortissement du capital

  • Fusion, scission, dissolution

  • Transformation en une autre forme sociale

  • Nomination du commissaire aux comptes


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3. La direction de la SAS et de la SASU

3.1 Le président : seul organe légalement obligatoire

L'article L227-6 C. com. impose la désignation d'un président pour représenter la société à l'égard des tiers. C'est le seul organe rendu obligatoire par la loi.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence principale entre une SAS et une SASU ?

La principale différence réside dans le nombre d'associés : la SAS nécessite au moins deux associés, tandis que la SASU est une société unipersonnelle, permettant à un seul associé de créer la société.

Quel est le capital social minimum requis pour une SAS ou une SASU ?

Le capital social minimum pour une SAS et une SASU est de 1 euro, ce qui permet aux entrepreneurs de débuter avec un capital symbolique et d'ajuster leur capital au fur et à mesure de leur développement.

Quelles sont les responsabilités des associés dans une SAS ou une SASU ?

Les associés d'une SAS ou d'une SASU ont une responsabilité limitée aux apports, ce qui signifie qu'ils ne sont pas personnellement responsables des dettes de la société au-delà de leur investissement.

Comment est organisée la direction d'une SAS ?

La direction d'une SAS est généralement assurée par un président, qui peut être une personne physique ou morale. Les statuts peuvent également prévoir d'autres organes de direction, comme un directeur général.

Quelles sont les modalités de prise de décision dans une SAS ?

Les modalités de prise de décision dans une SAS sont flexibles : les associés peuvent décider des modalités de convocation et même autoriser des décisions par écrit, facilitant ainsi la réactivité de l'entreprise.

Quels sont les avantages d'une SAS pour les investisseurs ?

Les SAS sont attractives pour les investisseurs en raison de leur flexibilité statutaire et de la protection du patrimoine personnel des associés, ce qui encourage la prise de risque et l'innovation.

Peut-on modifier les statuts d'une SAS ?

Oui, les statuts d'une SAS peuvent être modifiés selon les besoins des associés, ce qui permet d'adapter la structure et le fonctionnement de la société à l'évolution de ses activités.

Quelles sont les obligations comptables d'une SAS ?

Une SAS doit tenir une comptabilité régulière et établir des comptes annuels, mais elle bénéficie d'une certaine souplesse par rapport à d'autres formes de sociétés, notamment en matière de publication des comptes.

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