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Le marché du travail et le chômage

Cours complet de UE5 — Économie pour le DCG. Révise efficacement avec StudentAI.

Points clés à retenir

  • 1Le marché du travail n'est pas un marché ordinaire : asymétries d'information, dimension institutionnelle, relations de long terme et hétérogénéité le distinguent fondamentalement des marchés de biens.
  • 2Le chômage BIT exige trois conditions cumulatives : sans emploi, disponible, en recherche active — à distinguer des catégories de France Travail.
  • 3Keynes contre les néoclassiques : pour Keynes, le chômage involontaire résulte d'une insuffisance de la demande effective, non de rigidités salariales ; la politique budgétaire est l'outil approprié.
  • 4Le NAIRU (Friedman-Phelps, 1968) : la courbe de Phillips est verticale à long terme ; toute tentative de maintenir le chômage sous son taux naturel débouche sur une inflation accélérée, non sur un emploi durable.
  • 5Le salaire d'efficience (Shapiro-Stiglitz, 1984) explique un chômage involontaire d'équilibre même en l'absence de rigidités institutionnelles : les firmes fixent délibérément des salaires supérieurs au salaire d'équilibre.
  • 6La destruction créatrice (Schumpeter, 1942) : l'innovation est source de chômage structurel transitoire mais aussi de création nette d'emplois à long terme — l'enjeu est la vitesse d'adaptation.
  • 7Le carré magique de Kaldor articule le plein emploi avec trois autres objectifs (croissance, stabilité des prix, équilibre extérieur) : des tensions existent entre ces objectifs, notamment entre chômage et inflation.
  • 8Politiques actives vs. passives : les politiques actives (formation, accompagnement) agissent sur l'employabilité ; les politiques passives (indemnisation) protègent les revenus mais peuvent allonger la durée du chômage si elles augmentent le salaire de réservation.

Le marché du travail et le chômage


DCG — UE5 Économie | Niveau L3

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Introduction

Le marché du travail occupe une place centrale dans l'analyse économique depuis les classiques jusqu'aux débats contemporains. Il concentre des enjeux fondamentaux : la formation des salaires, l'allocation des ressources humaines, la croissance économique et la cohésion sociale. Le chômage, en tant que dysfonctionnement de ce marché, mobilise des grilles de lecture théoriques antagonistes — de l'école néoclassique à Keynes, de Friedman à la théorie du salaire d'efficience — et appelle des politiques publiques dont l'efficacité reste au cœur du débat économique.

Ce chapitre couvre les fondements théoriques du marché du travail, la taxonomie du chômage, les mécanismes explicatifs retenus par les grands courants de pensée, les instruments de mesure et les politiques d'emploi, conformément au référentiel de l'UE5 du DCG.

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1. Le marché du travail : fondements théoriques

1.1 La vision néoclassique : un marché comme les autres

Dans la tradition néoclassique (Walras, Marshall, Pigou), le marché du travail obéit à la loi de l'offre et de la demande :

  • L'offre de travail émane des ménages : ils arbitrent entre travail (revenu) et loisir (utilité directe). L'offre augmente avec le salaire réel jusqu'à un certain point, puis peut se retourner (effet de revenu dominant l'effet de substitution — courbe d'offre de travail en S rétrograde).

  • La demande de travail émane des entreprises : elles embauchent jusqu'au point où la productivité marginale du travail (Pm~L~) égale le salaire réel (w/p). Elle est donc une fonction décroissante du salaire.

  • L'équilibre se réalise à un salaire w* qui égalise offre et demande. Tout chômage résiduel est volontaire : les chômeurs refusent le salaire d'équilibre.


> Conclusion néoclassique : le chômage involontaire ne peut être que temporaire et résulte de rigidités (salaire minimum, syndicats, législation). La flexibilité des salaires assure le plein emploi.

1.2 La rupture keynésienne

John Maynard Keynes (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936) renverse cette analyse :

  • La demande effective (consommation + investissement anticipés) détermine le niveau de production, et donc le niveau d'emploi. L'offre ne crée pas sa propre demande (réfutation de la loi de Say).

  • Un équilibre de sous-emploi est possible : l'économie peut se stabiliser en deçà du plein emploi sans mécanisme automatique de retour.

  • Le chômage peut être involontaire : des travailleurs accepteraient le salaire en vigueur mais ne trouvent pas d'emploi faute de demande suffisante.

  • Remède : la politique budgétaire expansionniste pour stimuler la demande effective (effet multiplicateur keynésien).


1.3 La synthèse et ses prolongements










Auteur / ÉcoleThèse principale sur le chômage
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Pigou (néoclassique)Chômage volontaire, rigidité des salaires coupable
Keynes (1936)Chômage involontaire, insuffisance de la demande effective
Phillips (1958)Arbitrage inflation/chômage (courbe de Phillips originelle)
Friedman & Phelps (1968)Taux de chômage naturel (NAIRU), inefficacité à long terme de la relance
Stiglitz / Shapiro (1984)Salaire d'efficience : les entreprises fixent des salaires au-dessus de l'équilibre pour motiver
Schumpeter (1942)Destruction créatrice : l'innovation génère du chômage structurel transitoire mais crée de nouveaux emplois
Layard, Nickell, Jackman (1991)Modèle WS-PS (Wage Setting / Price Setting)

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2. Les spécificités du marché du travail

Le marché du travail n'est pas un marché ordinaire. Plusieurs caractéristiques le distinguent fondamentalement :

2.1 Tableau des caractéristiques structurelles









CaractéristiqueDescriptionConséquence économique
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HétérogénéitéQualifications, secteurs, géographies très différentsSegmentation du marché (marchés primaire/secondaire — Doeringer & Piore, 1971)
Asymétrie d'informationL'employeur ignore la productivité réelle du candidatSélection adverse, signalement (Spence, 1973)
Relations de long termeContrats implicites, ancienneté, fidélisationRigidité à la baisse des salaires nominaux
Dimension institutionnelleConventions collectives, SMIC, Code du travailEncadrement légal du prix et des conditions de travail
Dimension socialeTravail source d'identité, de statutLe chômage a des coûts non marchands (psychologiques, sociaux)
Mobilité imparfaiteCoûts de déménagement, freins à la reconversionPersistance des déséquilibres régionaux et sectoriels

2.2 La segmentation du marché du travail

La théorie de la segmentation (Doeringer & Piore, 1971) distingue :

  • Marché primaire : emplois stables, bien rémunérés, avec perspectives de carrière (CDI, grandes entreprises, secteur public)

  • Marché secondaire : emplois précaires, faibles salaires, forte rotation (CDD, intérim, temps partiel subi)


La mobilité entre ces deux segments est faible, ce qui explique la persistance du chômage pour certaines catégories.

2.3 Le cadre institutionnel français

Le marché du travail français est fortement encadré par le droit :

  • Code du travail : réglementation des contrats, du licenciement, de la durée du travail

  • SMIC (2026) : 12,02 €/heure brut — plancher légal au-dessous duquel aucun salarié ne peut être rémunéré

  • Durée légale du travail : 35 heures hebdomadaires (Loi Aubry, 2000)

  • Conventions collectives de branche : négociation sectorielle des grilles salariales

  • Assurance chômage (régime Unédic) : indemnisation des chômeurs involontaires


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3. Définition et mesure du chômage

3.1 La définition du BIT

Le Bureau International du Travail (BIT) définit comme chômeur toute personne :
1. Sans emploi : n'ayant pas travaillé, même une heure, durant la semaine de référence
2. Disponible : pour prendre un emploi dans les deux semaines
3. En recherche active d'emploi : démarches effectives au cours des quatre dernières semaines

Cette définition est celle utilisée par l'INSEE dans son enquête Emploi (principale source statistique française sur le marché du travail).

> ⚠️ Attention : la définition du BIT et les catégories de Pôle emploi (France Travail) divergent. Les catégories A, B, C, D, E de France Travail recouvrent des réalités plus larges que le chômage au sens du BIT.

3.2 Le taux de chômage

$$\text{Taux de chômage} = \frac{\text{Nombre de chômeurs (BIT)}}{\text{Population active}} \times 100$$

Où : Population active = Emploi + Chômage (personnes en âge de travailler, disponibles et actives sur le marché du travail)

Limites de cet indicateur :

  • Ne comptabilise pas le halo du chômage (personnes découragées, inactifs souhaitant travailler)

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Questions fréquentes

Quels sont les principaux types de chômage ?

Les principaux types de chômage sont le chômage frictionnel, structurel, cyclique et saisonnier.

Comment le taux de chômage est-il mesuré ?

Le taux de chômage est mesuré en pourcentage du nombre de demandeurs d'emploi par rapport à la population active.

Quelles politiques peuvent aider à réduire le chômage ?

Les politiques actives, passives et de régulation peuvent aider à réduire le chômage.

Quels sont les impacts du chômage sur l'économie ?

Le chômage peut entraîner une baisse de la consommation, une augmentation des dépenses publiques et une perte de compétences.

Pourquoi le chômage des jeunes est-il un problème ?

Le chômage des jeunes est un problème car il limite les opportunités d'emploi et peut entraîner des conséquences sociales et économiques à long terme.

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