Cours complet de UE5 — Économie pour le DCG. Révise efficacement avec StudentAI.
| DCG |
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La politique budgétaire et fiscale constitue l'un des deux grands leviers de la politique économique conjoncturelle, aux côtés de la politique monétaire. Elle désigne l'ensemble des décisions de l'État relatives à ses recettes (fiscalité) et à ses dépenses (budget public) dans le but d'influencer l'activité économique, de stabiliser les cycles, de redistribuer les richesses et de financer les biens collectifs.
Cette politique s'inscrit dans un cadre théorique riche, opposant principalement les keynésiens — qui accordent un rôle actif à l'État — aux monétaristes et néoclassiques — qui privilegient la neutralité budgétaire et la rigueur fiscale. Elle est également encadrée, en France, par des règles européennes issues du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) et du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG, 2012).
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La politique budgétaire désigne l'ensemble des décisions relatives aux dépenses publiques et aux recettes non fiscales de l'État (emprunts, recettes patrimoniales). Elle agit sur la demande globale au sens keynésien :
$$Y = C + I + G + (X - M)$$
Où G représente les dépenses publiques. Une augmentation de G relève de la politique budgétaire expansionniste ; une diminution relève de la politique restrictive (ou d'austérité).
La politique fiscale porte sur la structure et le niveau des prélèvements obligatoires (impôts, taxes, cotisations sociales). Elle agit sur le revenu disponible des ménages et le coût de production des entreprises.
Taux de prélèvements obligatoires = (Prélèvements obligatoires / PIB) × 100
En France, ce taux est structurellement élevé en comparaison internationale, aux alentours de 44-45 % du PIB selon les données de l'OCDE et de l'INSEE.
| Notion | Définition |
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| Recettes fiscales | Impôts et taxes collectés par l'État |
| Dépenses publiques | Ensemble des charges de l'État (fonctionnement, investissement, transferts) |
| Solde budgétaire | Recettes – Dépenses |
| Déficit public | Solde budgétaire négatif (dépenses > recettes) |
| Excédent budgétaire | Solde budgétaire positif (recettes > dépenses) |
| Dette publique | Cumul des déficits passés ; financement par emprunt sur les marchés |
| Type | Caractéristique | Exemples |
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| Impôts directs | Frappent directement le revenu ou le patrimoine du contribuable | IR, IS, IFI |
| Impôts indirects | Frappent la consommation ou la production ; payés par un tiers (entreprise) | TVA, TICPE, droits d'accise |
| Impôts proportionnels | Taux constant quelle que soit la base | TVA (20 %), IS (25 %) |
| Impôts progressifs | Taux croissant avec la base | IR (barème progressif) |
John Maynard Keynes (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936) fonde l'interventionnisme budgétaire sur deux mécanismes :
a) Le multiplicateur des dépenses publiques
$$k = \frac{1}{1 - c \cdot (1 - t)}$$
Où :
b) Le principe de l'accélérateur
L'augmentation de la demande induit un accroissement plus que proportionnel de l'investissement. Combiné au multiplicateur, ce mécanisme renforce l'effet de relance budgétaire.
c) Les stabilisateurs automatiques
Ce sont des mécanismes fiscaux et sociaux qui agissent spontanément sur le cycle économique sans décision discrétionnaire :
Milton Friedman (A Program for Monetary Stability, 1960 ; A Monetary History of the United States, 1963, avec Anna Schwartz) conteste l'efficacité de la politique budgétaire discrétionnaire pour trois raisons :
1. L'effet d'éviction (crowding out) : les emprunts d'État pour financer le déficit font monter les taux d'intérêt et évincent l'investissement privé, neutralisant partiellement l'effet de relance.
2. Les délais de réaction (lags) : délai de reconnaissance, délai de décision, délai d'action → risque de pro-cyclicité.
3. L'hypothèse du revenu permanent : les ménages lissent leur consommation sur le cycle de vie ; une hausse temporaire du revenu (due à une relance) n'augmente que peu la consommation.
Friedman préconise des règles budgétaires fixes plutôt qu'une politique discrétionnaire.
Robert Barro (Are Government Bonds Net Wealth?, 1974) formalise la proposition d'équivalence ricardienne : les agents économiques, anticipant que le déficit d'aujourd'hui sera financé par des impôts futurs, augmentent leur épargne de précaution, annulant l'effet de relance. Le financement par emprunt ou par impôt est alors équivalent.
Critique : cette proposition repose sur des hypothèses très restrictives (agents rationnels, marchés de capitaux parfaits, horizon infini), rarement vérifiées en pratique.
Joseph Schumpeter (Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942) n'est pas un théoricien de la politique budgétaire au sens strict, mais son concept de destruction créatrice a des implications importantes : l'État doit eviter les politiques de maintien artificiel de structures économiques obsolètes. Les dépenses publiques doivent favoriser l'innovation et non préserver des rentes. Ce cadre est aujourd'hui mobilisé pour justifier des dépenses d'investissement dans la R&D, l'éducation et les infrastructures numériques.
Le modèle IS-LM (Hicks-Hansen, 1937-1953) formalise l'interaction entre politique budgétaire (courbe IS) et politique monétaire (courbe LM) :
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S'inscrire gratuitementLe déficit public se produit lorsque les dépenses de l'État dépassent ses recettes.
Les principaux objectifs sont la stabilisation de l'économie, la redistribution des richesses et la croissance économique.
Elle peut influencer l'économie par l'augmentation des dépenses publiques ou la réduction des impôts pour stimuler la demande.
À court terme, elle peut augmenter la demande et l'emploi, mais peut entraîner de l'inflation si l'économie est proche de sa capacité maximale.
Les gouvernements doivent maintenir la confiance des marchés financiers et respecter les règles sur le déficit.
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