Cours complet de UE1 — Introduction au droit pour le DCG. Révise efficacement avec StudentAI.
La théorie des sources des obligations constitue l'un des piliers fondamentaux du droit civil. Tout étudiant en DCG doit maîtriser la distinction entre acte juridique et fait juridique, car ces deux catégories conditionnent l'ensemble des obligations qui pèsent sur les personnes physiques et morales — et par conséquent, leurs implications comptables, fiscales et contractuelles.
Cette distinction a été consacrée et clarifiée par la réforme du droit des obligations issue de l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016, entrée en vigueur le 1er octobre 2016, qui a profondément remanié le Code civil. L'article 1100 du Code civil pose désormais explicitement que « les obligations naissent d'actes juridiques, de faits juridiques ou de l'autorité seule de la loi ».
> Référence législative centrale : Article 1100 du Code civil (issu de l'ordonnance du 10 février 2016, ratifiée par la loi n° 2018-287 du 20 avril 2018).
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L'article 1100-1 du Code civil définit l'acte juridique comme « des manifestations de volonté destinées à produire des effets de droit ». La notion clé est ici celle d'intention : l'auteur de l'acte veut produire des effets juridiques (créer, modifier, transmettre ou éteindre des droits et des obligations).
Cette volonté peut être expresse (déclaration orale ou écrite) ou tacite (comportement non équivoque dont on peut déduire la volonté). L'article 1100-1 précise également que les actes juridiques peuvent être conventionnels ou unilatéraux.
L'article 1128 du Code civil pose trois conditions cumulatives pour la validité d'un contrat (acte bilatéral) :
1. Le consentement des parties (libre et éclairé, non vicié) — articles 1129 à 1144 C. civ.
2. La capacité de contracter — articles 1145 à 1152 C. civ.
3. Un contenu licite et certain — articles 1162 à 1171 C. civ.
> ⚠️ Attention : Avant la réforme de 2016, l'article 1108 ancien exigeait quatre conditions (consentement, capacité, objet certain, cause licite). La notion de cause a été supprimée et remplacée par les notions de contenu et de but du contrat (art. 1162 C. civ.).
#### A. Selon le nombre de volontés impliquées
| Type d'acte | Définition | Exemples |
| ------------- | ------------ | ---------- |
| Acte unilatéral | Émanant d'une seule volonté | Testament (art. 895 C. civ.), promesse unilatérale de vente (art. 1124 C. civ.), reconnaissance de dette, démission |
| Acte bilatéral (contrat) | Accord de deux parties | Contrat de vente (art. 1582 C. civ.), contrat de travail (art. L1221-1 C. trav.), bail (art. 1709 C. civ.) |
| Acte multilatéral | Accord de plus de deux parties | Contrat de société (art. 1832 C. civ.), convention collective |
| Type d'acte | Définition | Exemples |
| ------------- | ------------ | ---------- |
| Acte constitutif | Crée une situation juridique nouvelle | Constitution d'une société, mariage |
| Acte translatif | Transfère un droit existant | Vente, donation, cession de créance (art. 1321 C. civ.) |
| Acte déclaratif | Reconnaît une situation préexistante | Partage successoral, reconnaissance de paternité |
| Acte extinctif | Met fin à une obligation ou un droit | Résiliation de contrat, remise de dette (art. 1350 C. civ.) |
L'article 1359 du Code civil (issu de la réforme 2016) pose le principe selon lequel tout acte juridique portant sur une somme ou une valeur excédant 1 500 euros doit être prouvé par écrit. En dessous de ce seuil, la preuve est libre.
Les modes de preuve des actes juridiques sont :
Exemple 1 — Contrat de vente commerciale : La société DURAND SAS signe avec son fournisseur un bon de commande pour l'achat de marchandises. Cet acte bilatéral (art. 1582 C. civ.) crée une obligation de livrer à la charge du vendeur et une obligation de payer à la charge de l'acheteur. En comptabilité, la réception des marchandises donne lieu à un débit du compte 607 – Achats de marchandises et un crédit du compte 401.
Exemple 2 — Testament : Monsieur Martin rédige un testament olographe (art. 970 C. civ.) par lequel il lègue son appartement à sa nièce. Cet acte unilatéral produit des effets de droit au décès du testateur : il opère un transfert de propriété et peut générer des droits de succession.
Exemple 3 — Contrat de travail : Une entreprise embauche un salarié en CDI. L'article L1221-1 du Code du travail impose la constatation par écrit du contrat. Ce contrat bilatéral fait naître des obligations réciproques : le salarié s'engage à fournir une prestation de travail, l'employeur s'engage à verser une rémunération et à respecter les conditions de travail.
Exemple 4 — Promesse unilatérale de vente : Un propriétaire accorde à un locataire une option d'achat sur son local commercial pendant 6 mois (art. 1124 C. civ.). Seule la volonté du promettant est engagée ; le bénéficiaire dispose d'une option qu'il peut lever ou non.
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S'inscrire gratuitementUn acte juridique est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit. Il peut être unilatéral, émanant d'une seule volonté, ou bilatéral, nécessitant l'accord de deux parties.
Un acte unilatéral est un engagement pris par une seule personne, comme une promesse de don, tandis qu'un acte bilatéral nécessite l'accord de deux parties, comme un contrat de vente.
Un fait juridique est un événement ou une situation qui produit des effets de droit, qu'il y ait ou non une intention de créer ces effets. Il peut être licite ou illicite.
Les faits juridiques se divisent en deux catégories : les faits licites, qui respectent la loi et peuvent entraîner des conséquences juridiques, et les faits illicites, qui sont contraires à la loi et engendrent des responsabilités.
Un exemple de fait licite est un accident de la route causé par un conducteur fautif, entraînant des responsabilités. Un exemple de fait illicite est le vol, qui peut entraîner des poursuites pénales et civiles.
Il est crucial de différencier acte et fait juridique car l'acte juridique résulte d'une intention, tandis que le fait juridique peut survenir sans intention. Cette distinction aide à comprendre les responsabilités et les obligations qui en découlent.
Les actes juridiques engendrent des obligations en raison de la volonté des parties, tandis que les faits juridiques peuvent entraîner des conséquences juridiques indépendamment de l'intention. Cela impacte la manière dont les responsabilités sont établies dans le droit.
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