Cours complet de UE9 — Introduction à la comptabilité pour le DCG. Révise efficacement avec StudentAI.
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L'amortissement est l'un des mécanismes fondamentaux de la comptabilité d'entreprise. Il traduit la consommation des avantages économiques attendus d'un actif immobilisé sur sa durée d'utilisation prévisible. Sans amortissement, le bilan présenterait des actifs surévalués et le compte de résultat ne refléterait pas fidèlement les charges liées à l'exploitation.
Le cadre juridique et comptable des amortissements repose sur :
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> « L'amortissement d'un actif est la répartition systématique de son montant amortissable en fonction de son utilisation. »
Le montant amortissable = Valeur brute − Valeur résiduelle
La valeur résiduelle est le montant net des coûts de sortie attendus qu'une entité obtiendrait de la cession de l'actif à la fin de son utilisation. En pratique, elle est souvent nulle ou jugée non significative (PCG, art. 214-8).
Seuls les actifs immobilisés à durée d'utilisation limitée sont amortissables.
| Type d'actif | Amortissable ? | Exemples |
| --- | --- | --- |
| Immobilisations corporelles à durée limitée | ✅ Oui | Matériel industriel, véhicules, agencements |
| Immobilisations incorporelles à durée limitée | ✅ Oui | Logiciels, brevets, fonds commercial (cas particulier) |
| Terrains | ❌ Non | Terrain nu, terrain de carrière (hors cas spécifiques) |
| Immobilisations financières | ❌ Non | Titres de participation, prêts |
| Fonds commercial (en général) | ❌ Non* | Sauf PME : amortissement sur 10 ans (règl. 2015-06) |
La base de calcul est le coût d'entrée de l'actif, comprenant (PCG, art. 213-8) :
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Le PCG (art. 214-6) prévoit que la méthode d'amortissement doit refléter « au mieux le rythme de consommation des avantages économiques attendus de l'actif ».
C'est la méthode de droit commun, applicable à tous les actifs.
Principe : La dotation annuelle est constante sur toute la durée d'utilisation.
$$\text{Annuité linéaire} = \frac{\text{Valeur brute} - \text{Valeur résiduelle}}{\text{Durée d'utilisation en années}}$$
$$\text{Taux linéaire} = \frac{1}{\text{Durée}} \times 100$$
Prorata temporis : En cas d'acquisition en cours d'exercice, l'amortissement est calculé au prorata du nombre de jours (du premier jour du mois d'acquisition jusqu'à la clôture, selon les usages fiscaux).
> Formule prorata : Annuité × (nombre de jours / 360)
Exemple complet :
Une entreprise achète le 1er avril N un équipement informatique pour 12 000 € HT. Durée d'utilisation : 4 ans. Valeur résiduelle : 0.
| Exercice | Base | Taux | Annuité | Amort. cumulé | VNC |
| --- | --- | --- | --- | --- | --- |
| N | 12 000 | 25 % | 2 250 | 2 250 | 9 750 |
| N+1 | 12 000 | 25 % | 3 000 | 5 250 | 6 750 |
| N+2 | 12 000 | 25 % | 3 000 | 8 250 | 3 750 |
| N+3 | 12 000 | 25 % | 3 000 | 11 250 | 750 |
| N+4 | 12 000 | 25 % | 750 | 12 000 | 0 |
C'est une méthode fiscale dérogatoire (CGI, art. 39 A), autorisée uniquement pour les biens neufs dont la durée normale d'utilisation est ≥ 3 ans, acquis par des entreprises soumises à l'IS ou à l'IR dans la catégorie BIC.
Principe : Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient légal fixé par décret.
#### Coefficients dégressifs (CGI, art. 39 A, I) :
| Durée normale d'utilisation | Coefficient |
| --- | --- |
| 3 ou 4 ans | 1,25 |
| 5 ou 6 ans | 1,75 |
| 7 ans et plus | 2,25 |
Règle de basculement : Dès que l'annuité dégressive devient inférieure ou égale à l'annuité linéaire calculée sur la durée restante, on bascule sur le linéaire sur la durée restante pour maximiser la déduction.
Attention au prorata : En dégressif, le prorata en 1ère année se calcule en mois entiers (et non en jours), en comptant du premier jour du mois d'acquisition.
Exemple complet :
Achat le 1er juillet N d'une machine pour 20 000 € HT, neuve, durée normale 5 ans.
| Exercice | VNC début | Taux dégressif | Annuité dégressive | Annuité linéaire* | Annuité retenue | VNC fin |
| --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- |
| N | 20 000 | 35 % | 3 500 (×6/12) | — | 3 500 | 16 500 |
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S'inscrire gratuitementL'amortissement est une charge comptable qui permet de répartir le coût d'un actif immobilisé sur sa durée d'utilisation, reflétant ainsi la perte de valeur de cet actif au fil du temps.
Les amortissements sont cruciaux car ils permettent de refléter la réalité économique des actifs, d'optimiser la gestion fiscale et de réduire le bénéfice imposable, ce qui peut améliorer la trésorerie de l'entreprise.
La méthode d'amortissement linéaire est la plus courante, car elle répartit le coût d'un actif de manière uniforme sur sa durée de vie, entraînant une charge d'amortissement constante chaque année.
Pour calculer l'amortissement linéaire, on divise le coût d'acquisition de l'actif par sa durée de vie. Par exemple, pour un actif de 15 000 euros sur 5 ans, l'amortissement annuel serait de 3 000 euros.
L'amortissement dégressif permet d'amortir un actif plus rapidement dans les premières années de son utilisation, ce qui est utile pour les actifs qui perdent rapidement leur valeur, comme les équipements technologiques.
L'amortissement par unités de production est basé sur l'utilisation effective de l'actif. Il est calculé en fonction du coût de l'actif et du nombre d'unités produites ou d'heures utilisées, ce qui le rend adapté aux actifs dont l'utilisation varie.
La valeur résiduelle est la valeur estimée d'un actif à la fin de sa durée de vie utile. Elle est prise en compte lors du calcul des amortissements pour déterminer la base amortissable.
Les amortissements réduisent le bénéfice imposable d'une entreprise, ce qui peut améliorer la trésorerie. Ils apparaissent également dans le compte de résultat comme des charges, affectant ainsi le résultat net.
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