1. La remise en cause de l’Ancien Régime
1.1. Un Ancien Régime en crise
- Contexte général : en 1788-1789 la France traverse une crise économique, financière et sociale profonde.
- Dette publique : les dépenses (guerres, cour, remboursements) dépassent largement les recettes (environ 500 millions de revenus pour plus de 600 millions de dépenses en 1788). Une part importante du budget est consacrée au remboursement de la dette.
- Société d’ordres : la France d’Ancien Régime repose sur la notion de privilèges. Les trois ordres sont :
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Clergé (noblesse d’épée spirituelle) : exempte d’impôts, contrôle religieux et influence politique.
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Noblesse : grande propriété foncière, nombreux privilèges fiscaux et accès aux postes clefs.
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Tiers état : 98 % de la population (bourgeoisie, paysans, artisans) supporte l’essentiel de l’impôt et est privé de nombreux droits politiques.
- Tensions sociales : mouvements populaires récurrents (émeutes, mouvements anti-fiscaux) surtout lors de mauvaises récoltes ; revendications des classes moyennes et des paysans contre les privilèges.
- Échecs des réformes fiscales : tentatives de réforme de l’impôt bloquées par l’opposition des ordres privilégiés.
- Convocation des États généraux : face à l’impasse la monarchie convoque les États généraux (5 mai 1789) pour lever un nouvel impôt ; rédaction des cahiers de doléances et élections des représentants.
| Problème | Conséquence |
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| Endettement massif et dépenses de guerre | Crise financière, impossibilité de financer l’État sans réforme fiscale |
| Système des privilèges | Inégalités sociales et refus de paiement d’impôts par clergé et noblesse |
| Absence de représentation équitable | Contestation du vote par ordre et montée du militantisme politique |
1.2. 1789, une année de ruptures
- Contestation du mode de vote : le tiers état dénonce le vote par ordre (1 voix par ordre) et réclame le vote par tête (un homme = une voix).
- Serment du Jeu de Paume (20 juin 1789) : les députés du tiers état jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution au royaume. Naissance politique de la notion de Nation et transfert de la souveraineté du roi vers la nation.
- Proclamation de l’Assemblée nationale constituante (9 juillet 1789) : la nouvelle assemblée se donne pour mission de rédiger une constitution.
- Prise de la Bastille (14 juillet 1789) : symbole de l’irruption populaire et de la légitimité de la violence révolutionnaire ; le peuple devient acteur politique.
- La Grande Peur (juillet-août 1789) : rumeurs d’intervention aristocratique et montée des insurrections paysannes ; attaques contre châteaux et chartriers, contestation des droits seigneuriaux.
- Nuit du 4 août 1789 : abolition des privilèges par l’Assemblée nationale constituante sous la pression populaire — fin officielle de la société d’ordres.
- Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 août 1789) : affirmation des droits naturels, de la souveraineté nationale, de l’égalité devant la loi et des libertés publiques (expression, opinion). Passage du statut de sujet à celui de citoyen.
| Date | Événement clé | Signification |
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| 20 juin 1789 | Serment du Jeu de Paume | Engagement pour une Constitution, émergence de la Nation |
| 14 juillet 1789 | Prise de la Bastille | Irruption populaire et symbole de la Révolution |
| Nuit du 4 août 1789 | Abolition des privilèges | Fin de la société d’ordres |